Genestas eut le cœur froissé par cette insouciance maladive, et atteignit la maison de la Fosseuse sans avoir adressé la parole à son fils.

—Commandant, vous êtes exact, s’écria Benassis en se levant du banc de bois sur lequel il était assis.

Mais il reprit aussitôt sa place, et demeura tout pensif en voyant Adrien; il en étudia lentement la figure jaune et fatiguée, non sans admirer les belles lignes ovales qui prédominaient dans cette noble physionomie. L’enfant, le vivant portrait de sa mère, tenait d’elle un teint olivâtre et de beaux yeux noirs, spirituellement mélancoliques. Tous les caractères de la beauté juive polonaise se trouvaient dans cette tête chevelue, trop forte pour le corps frêle auquel elle appartenait.

—Dormez-vous bien, mon petit homme? lui demanda Benassis.

—Oui, monsieur.

—Montrez-moi vos genoux, retroussez votre pantalon.

Adrien dénoua ses jarretières en rougissant, et montra son genou que le médecin palpa soigneusement.

—Bien. Parlez, criez, criez fort!

Adrien cria.

—Assez! Donnez-moi vos mains?...