De là, madame Graslin crut voir son fils Francis aux environs de la pépinière due à Farrabesche; elle le chercha du regard, ne le trouva pas, et monsieur Ruffin le lui montra jouant en effet, le long des bords, avec les enfants des petites-filles de Grossetête. Véronique craignit quelque accident. Sans écouter personne, elle descendit le kiosque, sauta dans une des chaloupes, se fit débarquer sur la chaussée et courut chercher son fils. Ce petit incident fut cause du départ. Le vénérable trisaïeul Grossetête proposa le premier d’aller se promener dans le beau sentier qui longeait les deux derniers lacs en suivant les caprices de ce sol montagneux. Madame Graslin aperçut de loin Francis dans les bras d’une femme en deuil. A en juger par la forme du chapeau, par la coupe des vêtements, cette femme devait être une étrangère. Véronique effrayée appela son fils, qui revint.
—Qui est cette femme? demanda-t-elle aux enfants, et pourquoi Francis vous a-t-il quittés?
—Cette dame l’a appelé par son nom, dit une petite fille.
En ce moment, la Sauviat et Gérard, qui avaient devancé toute la compagnie, arrivèrent.
—Qui est cette femme? mon cher enfant, dit madame Graslin à Francis.
—Je ne la connais pas, dit l’enfant, mais il n’y a que toi et ma grand’mère qui m’embrassiez ainsi. Elle a pleuré, dit-il à l’oreille de sa mère.
—Voulez-vous que je coure après elle? dit Gérard.
—Non, lui répondit madame Graslin avec une brusquerie qui n’était pas dans ses habitudes.
Par une délicatesse qui fut appréciée de Véronique, Gérard emmena les enfants, et alla au-devant de tout le monde en laissant la Sauviat, madame Graslin et Francis seuls.
—Que t’a-t-elle dit? demanda la Sauviat à son petit-fils.