—Ah! dit-elle en écoutant, ce n’est pas lui! —Mais, reprit-elle, voilà comment tu réponds! je te comprends: je t’attendrai ou je te devinerai.
Francine avait raison. Trois coups frappés à la porte interrompirent cette conversation. Le capitaine Merle se montra bientôt, après avoir entendu l’invitation d’entrer que lui adressa mademoiselle de Verneuil.
En faisant un salut militaire à mademoiselle de Verneuil, le capitaine hasarda de lui jeter une œillade, et tout ébloui par sa beauté, il ne trouva rien autre chose à lui dire que: —Mademoiselle, je suis à vos ordres!
—Vous êtes donc devenu mon protecteur par la démission de votre chef de demi-brigade. Votre régiment ne s’appelle-t-il pas ainsi? Votre commandant a donc bien peur de moi.
—Faites excuse, mademoiselle, Hulot n’a pas peur; mais les femmes, voyez-vous, ça n’est pas son affaire; et ça l’a chiffonné de trouver son général en cornette.
—Cependant, reprit mademoiselle de Verneuil, son devoir était d’obéir à ses supérieurs! J’aime la subordination, je vous en préviens, et je ne veux pas qu’on me résiste.
—Cela serait difficile, répondit Merle.
—Tenons conseil, reprit mademoiselle de Verneuil. Vous avez ici des troupes fraîches, elles m’accompagneront à Mayenne, où je puis arriver ce soir. Pouvons-nous y trouver de nouveaux soldats pour en repartir sans nous y arrêter? Les Chouans ignorent notre petite expédition. En voyageant ainsi nuitamment, nous aurions bien du malheur si nous les rencontrions en assez grand nombre pour être attaqués. Voyons, dites, croyez-vous que ce soit possible?
—Oui, mademoiselle.
—Comment est le chemin de Mayenne à Fougères?