—Mais qu’allez-vous faire?

—Moi, mon cousin! rien.

—Cependant vous êtes majeure.

—Dans quelques jours. Avez-vous, dit Marguerite, un parti à me proposer qui puisse concilier nos intérêts et ce que nous devons à notre père, à l’honneur de la famille?

—Cousine, nous ne pouvons rien sans votre oncle. Cela posé, je reviendrai quand il sera de retour.

—Adieu, monsieur, dit Marguerite.

—Plus elle devient pauvre, plus elle fait la bégueule, pensa le notaire. Adieu, mademoiselle, reprit Pierquin à haute voix. Monsieur le proviseur, je vous salue parfaitement. Et il s’en alla, sans faire attention ni à Félicie ni à Martha.

—Depuis deux jours, j’étudie le code, et j’ai consulté un vieil avocat, ami de mon oncle, dit Emmanuel d’une voix tremblante. Je partirai, si vous m’y autorisez, demain, pour Amsterdam. Écoutez, chère Marguerite...

Il disait ce mot pour la première fois, elle l’en remercia par un regard mouillé, par un sourire et une inclination de tête. Il s’arrêta, montra Félicie et Martha.

—Parlez devant ma sœur, dit Marguerite. Elle n’a pas besoin de cette discussion pour se résigner à notre vie de privations et de travail, elle est si douce et si courageuse! Mais elle doit connaître combien le courage nous est nécessaire.