Maintenant, à entendre nos aimables célibataires, chacun d’eux raconte une multitude d’aventures qui, toutes, compromettent gravement les femmes honnêtes. Il y a beaucoup de modestie et de retenue à ne distribuer que trois aventures par célibataire; mais si quelques-uns comptent par dizaine, il en est tant qui s’en sont tenus à deux ou trois passions, et même à une seule dans leur vie, que nous avons, comme en statistique, pris le mode d’une répartition par tête. Or, si l’on multiplie le nombre des célibataires par le nombre des bonnes fortunes, on obtiendra trois millions d’aventures; et, pour y faire face, nous n’avons que quatre cent mille femmes honnêtes?...
Si le Dieu de bonté et d’indulgence qui plane sur les mondes ne fait pas une seconde lessive du genre humain, c’est sans doute à cause du peu de succès de la première...
Voilà donc ce que c’est qu’un peuple! voilà une société tamisée, et voilà ce qu’elle offre en résultat!
XVI.
Les mœurs sont l’hypocrisie des nations; l’hypocrisie est plus ou moins perfectionnée.
XVII.
La vertu n’est peut-être que la politesse de l’âme.
L’amour physique est un besoin semblable à la faim, à cela près que l’homme mange toujours, et qu’en amour son appétit n’est pas aussi soutenu ni aussi régulier qu’en fait de table.
Un morceau de pain bis et une cruchée d’eau font raison de la faim de tous les hommes; mais notre civilisation a créé la gastronomie.