L’archiduc Charles a donné un très-beau traité sur l’art militaire, intitulé: Principes de la Stratégie appliqués aux campagnes de 1796. Ces principes nous paraissent ressembler un peu aux poétiques faites pour des poèmes publiés. Aujourd’hui nous sommes devenus beaucoup plus forts, nous inventons des règles pour des ouvrages et des ouvrages pour des règles. Mais, à quoi ont servi les anciens principes de l’art militaire devant l’impétueux génie de Napoléon? Si donc aujourd’hui vous réduisez en système les enseignements donnés par ce grand capitaine dont la tactique nouvelle a ruiné l’ancienne, quelle garantie avez-vous de l’avenir pour croire qu’il n’enfantera pas un autre Napoléon? Les livres sur l’art militaire ont, à quelques exceptions près, le sort des anciens ouvrages sur la chimie et la physique. Tout change sur le terrain ou par périodes séculaires.

Ceci est en peu de mots l’histoire de notre ouvrage.

Tant que nous avons opéré sur une femme inerte, endormie, rien n’a été plus facile que de tresser les filets sous lesquels nous l’avons contenue; mais du moment où elle se réveille et se débat, tout se mêle et se complique. Si un mari voulait tâcher de se recorder avec les principes du système précédent, pour envelopper sa femme dans les rets troués que la Seconde Partie a tendus, il ressemblerait à Wurmser, Mack et Beaulieu faisant des campements et des marches, pendant que Napoléon les tournait lestement, et se servait pour les perdre de leurs propres combinaisons.

Ainsi agira votre femme.

Comment savoir la vérité quand vous vous la déguiserez l’un à l’autre sous le même mensonge, et quand vous vous présenterez la même souricière? A qui sera la victoire, quand vous vous serez pris tous deux les mains dans le même piége?

—Mon bon trésor, j’ai à sortir; il faut que j’aille chez madame une telle, j’ai demandé les chevaux. Voulez-vous venir avec moi? Allons, soyez aimable, accompagnez votre femme.

Vous vous dites en vous-même:—Elle serait bien attrapée si j’acceptais! Elle ne me prie tant que pour être refusée. Alors vous lui répondez:—J’ai précisément affaire chez monsieur un tel; car il est chargé d’un rapport qui peut compromettre nos intérêts dans telle entreprise, et il faut que je lui parle absolument. Puis, je dois aller au ministère des finances; ainsi cela s’arrange à merveille.

—Eh! bien, mon ange, va t’habiller pendant que Céline achèvera ma toilette; mais ne me fais pas attendre.

—Ma chérie, me voici prêt!... dites-vous en arrivant au bout de quelques minutes, tout botté, rasé, habillé.

Mais tout a changé. Une lettre est survenue; madame est indisposée; la robe va mal; la couturière arrive; si ce n’est pas la couturière, c’est votre fils, c’est votre mère. Sur cent maris, il en existe quatre-vingt-dix-neuf qui partent contents, et croient leurs femmes bien gardées quand c’est elles qui les mettent à la porte.