—A un mari, monsieur, qui en est digne, reprit madame Hulot en interrompant Crevel pour ne pas lui laisser prononcer un mot qu’elle ne voulait pas entendre.
—Tenez, madame, vous m’avez écrit de venir, vous voulez savoir les raisons de ma conduite, vous me poussez à bout avec vos airs d’impératrice, avec votre dédain, et votre... mépris! Ne dirait-on pas que je suis un nègre? Je vous le répète, croyez-moi! j’ai le droit de vous... de vous faire la cour... car... Mais, non, je vous aime assez pour me taire...
—Parlez, monsieur, j’ai dans quelques jours quarante-huit ans, je ne suis pas sottement prude, je puis tout écouter...
—Voyons, me donnez-vous votre parole d’honnête femme, car vous êtes, malheureusement pour moi, une honnête femme, de ne jamais me nommer, de ne pas dire que je vous livre ce secret?...
—Si c’est la condition de la révélation, je jure de ne nommer à personne, pas même à mon mari, la personne de qui j’aurai su les énormités que vous allez me confier.
—Je le crois bien, car il ne s’agit que de vous et de lui...
Madame Hulot pâlit.
—Ah! si vous aimez encore Hulot, vous allez souffrir! Voulez-vous que je me taise?...
—Parlez, monsieur, car il s’agit, selon vous, de justifier à mes yeux les étranges déclarations que vous m’avez faites, et votre persistance à tourmenter une femme de mon âge, qui voudrait marier sa fille et puis... mourir en paix!
—Vous le voyez, vous êtes malheureuse...