—Voyez comme il est heureux que notre chère Bette soit logée dans ma maison! Sans moi, la pauvre fille expirait... dit madame Marneffe.

—Vous avez l’air de me croire au mieux, reprit Lisbeth en s’adressant au baron, et ce serait une infamie...

—Pourquoi? demanda le baron, vous savez donc la raison de ma visite?

Et il guigna la porte d’un cabinet de toilette d’où la clef était retirée.

—Parlez-vous grec?... répondit madame Marneffe avec une expression déchirante de tendresse et de fidélité méconnues.

—Mais c’est pour vous, mon cher cousin, oui c’est par votre faute que je suis dans l’état où vous me voyez, dit Lisbeth avec énergie.

Ce cri détourna l’attention du baron qui regarda la vieille fille dans un étonnement profond.

—Vous savez si je vous aime, reprit Lisbeth, je suis ici, c’est tout dire. J’y use les dernières forces de ma vie, à veiller à vos intérêts en veillant à ceux de notre chère Valérie. Sa maison lui coûte dix fois moins cher qu’une autre maison qu’on voudrait tenir comme la sienne. Sans moi, mon cousin, au lieu de deux mille francs par mois, vous seriez forcé d’en donner trois ou quatre mille.

—Je sais tout cela, répondit le baron impatienté; vous nous protégez de bien des manières, ajouta-t-il en revenant auprès de madame Marneffe et la prenant par le cou, n’est-ce pas, ma chère petite belle?...

—Ma parole, dit Valérie, je vous crois fou!...