—Et de là, ma chère, à devenir sa femme, il n’y a qu’un pas, dit Adeline.
—Enfin, il n’a pas dit non, quand Victorin lui en a parlé, ajouta la comtesse de Steinbock.
Le baron fut accueilli dans sa famille avec des témoignages d’affection si gracieux, si touchants et où débordait tant d’amour, qu’il fut obligé de dissimuler son chagrin. Le maréchal vint dîner. Après le dîner, Hulot ne s’en alla pas. Victorin et sa femme vinrent. On fit un whist.
—Il y a long-temps, Hector, dit gravement le maréchal, que tu ne nous as donné pareille soirée!...
Ce mot, chez le vieux soldat, qui gâtait son frère et qui le blâmait implicitement ainsi, fit une impression profonde. On y reconnut les larges et longues lésions d’un cœur où toutes les douleurs devinées avaient eu leur écho. A huit heures, le baron voulut reconduire Lisbeth lui-même, en promettant de revenir.
—Eh bien! Lisbeth, il la maltraite! lui dit-il dans la rue. Ah! je ne l’ai jamais tant aimée!
—Ah! je n’aurais pas cru que Valérie vous aimât tant! répondit Lisbeth. Elle est légère, elle est coquette, elle aime à se voir courtisée, à ce qu’on lui joue la comédie de l’amour, comme elle dit; mais vous êtes son seul attachement.
—Que t’a-t-elle dit pour moi?
—Voilà, reprit Lisbeth. Elle a, vous le savez, eu des bontés pour Crevel; il ne faut pas lui en vouloir, car c’est ce qui l’a mise à l’abri de la misère pour le reste de ses jours; mais elle le déteste, et c’est à peu près fini. Eh bien! elle a gardé la clef d’un appartement.
—Rue du Dauphin! s’écria le bienheureux Hulot. Rien que pour cela, je lui passerais Crevel... J’y suis allé, je sais...