—Cette clef, la voici, dit Lisbeth, faites-en faire une pareille demain dans la journée, deux si vous pouvez.

—Après?... dit avidement Hulot.

—Eh bien! je reviendrai dîner encore demain avec vous, vous me rendrez la clef de Valérie (car le père Crevel peut lui redemander celle qu’il a donnée), et vous irez vous voir après-demain; là, vous conviendrez de vos faits. Vous serez bien en sûreté, car il existe deux sorties. Si, par hasard, Crevel, qui sans doute a des mœurs de Régence, comme il dit, entrait par l’allée, vous sortiriez par la boutique, et réciproquement. Eh bien! vieux scélérat, c’est à moi que vous devez cela. Que ferez-vous pour moi?...

—Tout ce que tu voudras!

—Eh bien! ne vous opposez pas à mon mariage avec votre frère!

—Toi, la maréchale Hulot! toi, comtesse de Forzheim! s’écria Hector surpris.

—Adeline est bien baronne?... répliqua d’un ton aigre et formidable la Bette. Écoutez, vieux libertin, vous savez où en sont vos affaires! votre famille peut se voir sans pain et dans la boue...

—C’est ma terreur! dit Hulot saisi.

—Si votre frère meurt, qui soutiendra votre femme, votre fille? La veuve d’un maréchal de France peut obtenir au moins six mille francs de pension, n’est-ce pas? Eh bien! je ne me marie que pour assurer du pain à votre fille et à votre femme, vieil insensé!

—Je n’apercevais pas ce résultat! dit le baron. Je prêcherai mon frère, car nous sommes sûrs de toi... Dis à mon ange que ma vie est à elle!...