—Je me trouve dans la nécessité de vous demander, comme une grâce personnelle, la promotion d’un de mes sous-chefs au grade de Chef de bureau, et sa nomination d’officier dans la Légion...
—Comment se nomme-t-il? dit le maréchal en lançant au baron un regard qui fut comme un éclair.
—Marneffe!
—Il a une jolie femme, je l’ai vue au mariage de ta fille... Si Roger... mais Roger n’est plus ici. Hector, mon fils, il s’agit de ton plaisir. Comment! tu t’en donnes encore. Ah! tu fais honneur à la Garde impériale! voilà ce que c’est que d’avoir appartenu à l’intendance, tu as des réserves!... Laisse là cette affaire, mon cher garçon, elle est trop galante pour devenir administrative.
—Non, maréchal, c’est une mauvaise affaire, car il s’agit de la police correctionnelle; voulez-vous m’y voir?
—Ah! diantre, s’écria le maréchal devenant soucieux. Continue.
—Mais vous me voyez dans l’état d’un renard pris au piége... Vous avez toujours été si bon pour moi, que vous daignerez me tirer de la situation honteuse où je suis.
Hulot raconta le plus spirituellement et le plus gaiement possible sa mésaventure.
—Voulez-vous, prince, dit-il en terminant, faire mourir de chagrin mon frère que vous aimez tant, et laisser déshonorer un de vos directeurs, un Conseiller-d’État? Mon Marneffe est un misérable, nous le mettrons à la retraite dans deux ou trois ans.
—Comme tu parles de deux ou trois ans, mon cher ami!... dit le maréchal.