—Josépha! c’est moi!...
L’illustre cantatrice ne reconnut son Hulot qu’à la voix.
—Comment, c’est toi! mon pauvre vieux?... Ma parole d’honneur, tu ressembles aux pièces de vingt francs que les juifs d’Allemagne ont lavées et que les changeurs refusent.
—Hélas! oui, répondit Hulot, je sors des bras de la Mort! Mais tu es toujours belle, toi! seras-tu bonne?
—C’est selon, tout est relatif! dit-elle.
—Écoute-moi, reprit Hulot. Peux-tu me loger dans une chambre de domestique, sous les toits, pendant quelques jours? Je suis sans un liard, sans espérance, sans pain, sans pension, sans femme, sans enfants, sans asile, sans honneur, sans courage, sans ami, et, pis que cela! sous le coup de lettres de change...
—Pauvre vieux! c’est bien des sans! Es-tu aussi sans-culotte?
—Tu ris, je suis perdu! s’écria le baron. Je comptais cependant sur toi, comme Gourville sur Ninon.
—C’est, m’a-t-on dit, demanda Josépha, une femme du monde qui t’a mis dans cet état-là? Les farceuses s’entendent mieux que nous à la plumaison du dinde!... Oh! te voilà comme une carcasse abandonnée par les corbeaux... on voit le jour à travers!
—Le temps presse! Josépha!