—Entre, mon vieux! je suis seule, et mes gens ne te connaissent pas. Renvoie ta voiture. Est-elle payée?

—Oui, dit le baron en descendant appuyé sur le bras de Josépha.

—Tu passeras, si tu veux, pour mon père, dit la cantatrice prise de pitié.

Elle fit asseoir Hulot dans le magnifique salon où il l’avait vue la dernière fois.

—Est-ce vrai, vieux, reprit-elle, que tu as tué ton frère et ton oncle, ruiné ta famille, surhypothéqué la maison de tes enfants et mangé la grenouille du gouvernement en Afrique avec la princesse?

Le baron inclina tristement la tête.

—Eh bien! j’aime cela! s’écria Josépha, qui se leva pleine d’enthousiasme. C’est un brûlage général! C’est sardanapale! c’est grand! c’est complet! On est une canaille, mais on a du cœur. Eh bien! moi, j’aime mieux un mange-tout, passionné comme toi pour les femmes, que ces froids banquiers sans âme qu’on dit vertueux et qui ruinent des milliers de familles avec leurs rails qui sont de l’or pour eux et du fer pour les Gogos! Toi! tu n’as ruiné que les tiens, tu n’as disposé que de toi! et puis tu as une excuse, et physique et morale...

Elle se posa tragiquement et dit:

C’est Vénus tout entière à sa proie attachée.

—Et voilà! ajouta-t-elle en pirouettant.