La baronne eut un redoublement dans le jeu constant de ses nerfs, elle essuya les larmes qui lui vinrent aux yeux, et les leva douloureusement vers le ciel.

—Je ne crois pas qu’un grand-officier de la Légion-d’Honneur soit descendu si bas, dit-elle.

—Pour son plaisir, reprit Lisbeth, que ne ferait-il pas? il a volé l’État, il volera les particuliers, il assassinera peut-être.

—Oh! Lisbeth! s’écria la baronne, garde ces pensées-là pour toi.

En ce moment, Louise vint jusqu’au groupe formé par la famille, auquel s’étaient joints les deux petits Hulot et le petit Wenceslas pour voir si les poches de leur grand’mère contenaient des friandises.

—Qu’y a-t-il, Louise?... demanda-t-on.

—C’est un homme qui demande mademoiselle Fischer.

—Quel homme est-ce? dit Lisbeth.

—Mademoiselle, il est en haillons, il a du duvet sur lui comme un matelassier, il a le nez rouge, il sent le vin et l’eau-de-vie... C’est un de ces ouvriers qui travaillent à peine la moitié de la semaine.

Cette description peu engageante eut pour effet de faire aller vivement Lisbeth dans la cour de la maison de la rue Louis-le-Grand, où elle trouva l’homme fumant une pipe dont le culotage annonçait un artiste en fumerie.