—Allez, dit-elle au cocher, rue des Bernardins, au numéro sept, c’est une maison à allée, et sans portier. Vous monterez au quatrième étage, vous sonnerez à la porte à gauche, sur laquelle d’ailleurs vous lirez: «Mademoiselle Chardin, repriseuse de dentelles et de cachemires.» On viendra. Vous demanderez le chevalier. On vous répondra: «Il est sorti.» Vous direz: «Je le sais bien, mais trouvez-le, car sa bonne est là sur le quai, dans un fiacre, et veut le voir...»

Vingt minutes après, un vieillard, qui paraissait âgé de quatre-vingts ans, aux cheveux entièrement blancs, le nez rougi par le froid dans une figure pâle et ridée comme celle d’une vieille femme, allant d’un pas traînant, les pieds dans des pantoufles de lisière, le dos voûté, vêtu d’une redingote d’alpaga chauve, ne portant pas de décoration, laissant passer à ses poignets les manches d’un gilet tricoté, et la chemise d’un jaune inquiétant, se montra timidement, regarda le fiacre, reconnut Lisbeth, et vint à la portière.

—Ah! mon cher cousin, dit-elle, dans quel état vous êtes!

—Élodie prend tout pour elle! dit le baron Hulot. Ces Chardins sont des canailles puantes...

—Voulez-vous revenir avec nous?

—Oh! non, non, dit le vieillard, je voudrais passer en Amérique...

—Adeline est sur vos traces...

—Ah! si l’on pouvait payer mes dettes, demanda le baron d’un air défiant, car Samanon me poursuit.

—Nous n’avons pas encore payé votre arriéré, votre fils doit encore cent mille francs...

—Pauvre garçon!