—Grand imbécile! dit Carabine à un signe de madame Nourrisson, ne vois-tu pas cette pauvre Cydalise... un enfant de seize ans qui t’aime depuis trois mois à en perdre le boire et le manger, et qui se désole de n’avoir pas encore obtenu le plus distrait de tes regards? (Cydalise se mit un mouchoir sur les yeux, et eut l’air de pleurer.)—Elle est furieuse, malgré son air de sainte-nitouche, de voir que l’homme dont elle est folle est la dupe d’une scélérate, dit Carabine en poursuivant, et elle tuerait Valérie...

—Oh! ça, dit le Brésilien, ça me regarde!

—Tuer?... toi! mon petit, dit la Nourrisson, ça ne se fait plus ici.

—Oh! reprit Montès, je ne suis pas de ce pays-ci, moi! Je vis dans une capitainerie où je me moque de vos lois, et si vous me donnez des preuves...

—Ah çà! ce billet, ce n’est donc rien?...

—Non, dit le Brésilien. Je ne crois pas à l’écriture, je veux voir...

—Oh! voir! dit Carabine qui comprit à merveille un nouveau geste de sa fausse tante; mais on te fera tout voir, mon cher tigre, à une condition...

—Laquelle?

—Regardez Cydalise.

Sur un signe de madame Nourrisson, Cydalise regarda tendrement le Brésilien.