—L’aimeras-tu? lui feras-tu son sort?... demanda Carabine. Une femme de cette beauté-là, ça vaut un hôtel et un équipage! Ce serait une monstruosité que de la laisser à pied. Et elle a... des dettes. Que dois-tu? fit Carabine en pinçant le bras de Cydalise.
—Elle vaut ce qu’elle vaut, dit la Nourrisson. Suffit qu’il y a marchand!
—Écoutez! s’écria Montès en apercevant enfin cet admirable chef-d’œuvre féminin, vous me ferez voir Valérie?...
—Et le comte de Steinbock, parbleu! dit madame Nourrisson.
Depuis dix minutes, la vieille observait le Brésilien, elle vit en lui l’instrument monté au diapason du meurtre dont elle avait besoin, elle le vit surtout assez aveuglé pour ne plus prendre garde à ceux qui le menaient, et elle intervint.
—Cydalise, mon chéri du Brésil, est ma nièce, et l’affaire me regarde un peu. Toute cette débâcle, c’est l’affaire de dix minutes; car c’est une de mes amies qui loue au comte de Steinbock la chambre garnie où ta Valérie prend en ce moment son café, un drôle de café, mais elle appelle cela son café. Donc, entendons-nous, Brésil! J’aime le Brésil, c’est un pays chaud. Quel sera le sort de ma nièce?
—Vieille autruche! dit Montès frappé des plumes que la Nourrisson avait sur son chapeau, tu m’as interrompu. Si tu me fais voir... voir Valérie et cet artiste ensemble...
—Comme tu voudrais être avec elle, dit Carabine, c’est entendu.
—Et bien! je prends cette Normande, et l’emmène...
—Où?... demanda Carabine.