—Si vous y allez, madame, et vous, monsieur, restez à un pied de distance du lit des malades, voilà toute la précaution. Ni vous ni votre femme ne vous avisez d’embrasser le moribond! Aussi devez-vous accompagner votre femme, monsieur Hulot, pour l’empêcher de transgresser cette ordonnance.

Adeline et Hortense, restées seules, allèrent tenir compagnie à Lisbeth. La haine d’Hortense contre Valérie était si violente, qu’elle ne put en contenir l’explosion.

—Cousine! ma mère et moi nous sommes vengées!... s’écria-t-elle. Cette venimeuse créature se sera mordue, elle est en décomposition!

—Hortense, dit la baronne, tu n’es pas chrétienne en ce moment. Tu devrais prier Dieu de daigner inspirer le repentir à cette malheureuse.

—Que dites-vous? s’écria la Bette en se levant de sa chaise, parlez-vous de Valérie?

—Oui, répondit Adeline, elle est condamnée, elle va mourir d’une horrible maladie, dont la description seule donne le frisson.

Les dents de la cousine Bette claquèrent, elle fut prise d’une sueur froide, elle eut une secousse terrible qui révéla la profondeur de son amitié passionnée pour Valérie.

—J’y vais, dit-elle.

—Mais le docteur t’a défendu de sortir!

—N’importe! j’y vais. Ce pauvre Crevel, dans quel état il doit être, car il aime sa femme...