—Une fois qu’on s’est unie à un homme, comme toi, reprit la baronne, la vertu veut qu’on lui soit fidèle.
—Jusqu’à ce qu’il meure?... dit Atala d’un air fin, je n’en aurai pas pour long-temps. Si vous saviez comme le père Vyder tousse et souffle! Peuh! peuh! fit-elle en imitant le vieillard.
—La vertu, la morale veulent, reprit la baronne, que l’Église qui représente Dieu, et la mairie qui représente la loi, consacrent votre mariage. Vois, madame, elle s’est mariée légitimement...
—Est-ce que ça sera plus amusant? demanda l’enfant.
—Tu seras plus heureuse, dit la baronne, car personne ne pourra te reprocher ce mariage. Tu plairas à Dieu! Demande à madame si elle s’est mariée sans avoir reçu le sacrement du mariage?
Atala regarda la femme du fumiste.
—Qu’a-t-elle plus que moi? demanda-t-elle. Je suis plus jolie qu’elle.
—Oui, mais je suis une honnête femme, et toi, l’on peut te donner un vilain nom...
—Comment veux-tu que Dieu te protége, si tu foules aux pieds les lois divines et humaines? dit la baronne. Sais-tu que Dieu tient en réserve un paradis pour ceux qui suivent les commandements de son Église?
—Quéqu’il y a dans le paradis? Y a-t-il des spectacles? dit Atala.