—Sois tranquille, Hector! elle va se trouver au milieu d’une honnête famille, et je réponds de ses mœurs.
—Ah! je puis te suivre alors, dit le baron en conduisant sa femme à la citadine.
Hector, redevenu baron d’Ervy, avait mis un pantalon et une redingote en drap bleu, un gilet blanc, une cravate noire et des gants. Lorsque la baronne fut assise au fond de la voiture, Atala s’y fourra par un mouvement de couleuvre.
—Ah! madame, dit-elle, laissez-moi vous accompagner et aller avec vous... Tenez, je serai bien gentille, bien obéissante, je ferai tout ce que vous voudrez; mais ne me séparez pas du père Vyder, de mon bienfaiteur qui me donne de si bonnes choses. Je vais être battue!...
—Allons, Atala, dit le baron, cette dame est ma femme, et il faut nous quitter...
—Elle! si vieille que ça! répondit l’innocente, et qui tremble comme une feuille! Oh! c’te tête!
Et elle imita railleusement le tressaillement de la baronne. Le fumiste, qui courait après la petite Judici, vint à la portière de la voiture.
—Emportez-la! dit la baronne.
Le fumiste prit Atala dans ses bras et l’emmena chez lui de force.
—Merci de ce sacrifice, mon ami! dit Adeline en prenant la main du baron et la serrant avec une joie délirante. Es-tu changé! Comme tu dois avoir souffert! Quelle surprise pour ta fille, pour ton fils!