—Monsieur Schmucke alors, n’en a des enfants... Vous n’êtes tous comme ça, vous autres vieux garçons...
—Moi! s’écria Schmucke en se dressant sur ses jambes, mais...
—Allons, vous n’aussi, vous n’êtes sans héritiers, n’est-ce pas! Vous n’êtes venus tous deux comme des champignons sur cette terre.
—Foyons, fenez! répondit Schmucke.
Le bon Allemand prit héroïquement madame Cibot par la taille, et l’emmena dans le salon, sans tenir compte de ses cris.
—Vous voudriez n’à notre âge, n’abuser d’une pauvre femme!... criait la Cibot en se débattant dans les bras de Schmucke.
—Ne griez pas!
—Vous, le meilleur des deux! répondit la Cibot. Ah! j’ai n’eu tort de parler d’amour n’à des vieillards qui n’ont jamais connu de femmes! j’ai n’allumé vos feux, monstre, s’écria-t-elle en voyant les yeux de Schmucke brillant de colère. N’à la garde! n’à la garde! on m’enlève!
—Fus edes eine pedde! répondit l’Allemand. Foyons, qu’a tid le togdeur?...
—Vous me brutalisez ainsi, dit en pleurant la Cibot rendue à la liberté, moi qui me jetterais dans le feu pour vous deux! Ah bien! n’on dit que les hommes se connaissent à l’user... Comme c’est vrai! C’est pas mon pauvre Cibot qui me malmènerait ainsi... Moi qui fais de vous mes enfants; car je n’ai pas d’enfants, et je disais hier, oui, pas plus tard qu’hier, à Cibot:—«Mon ami, Dieu savait bien ce qu’il faisait en nous refusant des enfants, car j’ai deux enfants là-haut!» Voilà, par la sainte croix de Dieu, sur l’âme de ma mère, ce que je lui disais...