—Je suis, monsieur, la femme de confiance de monsieur Pons.

—Eh bien! comment va-t-il, ce cher garçon?...

—Mal, très-mal, monsieur.

—Diable! diable! j’en suis fâché, je l’irai voir; car c’est un de ces hommes rares...

—Ah! oui, monsieur, un vrai chérubin..... Je me demande encore comment cet homme-là se trouvait dans un théâtre...

—Mais, madame, le théâtre est un lieu de correction pour les mœurs... dit Gaudissard. Pauvre Pons!... ma parole d’honneur, on devrait avoir de la graine pour entretenir cette espèce-là... c’est un homme modèle, et du talent... Quand croyez-vous qu’il pourra reprendre son service? Car le théâtre, malheureusement, ressemble aux diligences qui, vides ou pleines, partent à l’heure: la toile se lève ici tous les jours à six heures... et nous aurons beau nous apitoyer, ça ne ferait pas de bonne musique... Voyons, où en est-il?...

—Hélas! mon bon monsieur, dit la Cibot en tirant son mouchoir et en se le mettant sur les yeux, c’est bien terrible à dire; mais je crois que nous aurons le malheur de le perdre, quoique nous le soignions comme la prunelle de nos yeux... monsieur Schmucke et moi... même que je viens vous dire que vous ne devez plus compter sur ce digne monsieur Schmucke qui va passer toutes les nuits... On ne peut pas s’empêcher de faire comme s’il y avait de l’espoir, et d’essayer d’arracher ce digne et cher homme à la mort... Le médecin n’a plus d’espoir...

—Et de quoi meurt-il?

—De chagrin, de jaunisse, du foie, et tout cela compliqué de bien des choses de famille.

—Et d’un médecin, dit Gaudissard. Il aurait dû prendre le docteur Lebrun, notre médecin, ça n’aurait rien coûté...