—Monsieur en a un qu’est un Dieu... mais que peut faire un médecin, malgré son talent, contre tant de causes?...

—J’avais bien besoin de ces deux braves Casse-noisettes pour la musique de ma nouvelle féerie...

—Est-ce quelque chose que je puisse faire pour eux?... dit la Cibot d’un air digne de Jocrisse.

Gaudissard éclata de rire.

—Monsieur, je suis leur femme de confiance, et il y a bien des choses que ces messieurs...

Aux éclats de rire de Gaudissard, une femme s’écria:—Si tu ris, on peut entrer, mon vieux.

Et le premier sujet de la danse fit irruption dans le cabinet en se jetant sur le seul canapé qui s’y trouvât. C’était Héloïse Brisetout, enveloppée d’une magnifique écharpe dite algérienne.

—Qu’est-ce qui te fait rire?... Est-ce madame? Pour quel emploi vient-elle?... dit la danseuse en jetant un de ces regards d’artiste à artiste qui devrait faire le sujet d’un tableau.

Héloïse, fille excessivement littéraire, en renom dans la Bohême, liée avec de grands artistes, élégante, fine, gracieuse, avait plus d’esprit que n’en ont ordinairement les premiers sujets de la danse; en faisant sa question, elle respira dans une cassolette des parfums pénétrants.

—Madame, toutes les femmes se valent quand elles sont belles, et si je ne renifle pas la peste en flacon, et si je ne me mets pas de brique pilée sur les joues...