»Enfin, mon ami Schmucke donnera la Descente de Croix, de Rubens, esquisse de son célèbre tableau d’Anvers, à ma paroisse, pour en décorer une chapelle, en remercîment des bontés de monsieur le vicaire Duplanty, à qui je dois de pouvoir mourir en chrétien et en catholique.» etc.

—C’est la ruine! se dit Fraisier, la ruine de toutes mes espérances! Ah! je commence à croire tout ce que la présidente m’a dit de la malice de ce vieux artiste!...

—Eh bien? vint demander la Cibot.

—Votre monsieur est un monstre, il donne tout au Musée, à l’État. Or, on ne peut plaider contre l’État!... Le testament est inattaquable. Nous sommes volés, ruinés, dépouillés, assassinés!...

—Que m’a-t-il donné?...

—Deux cents francs de rente viagère...

—La belle poussée!... Mais c’est un gredin fini!...

—Allez voir, dit Fraisier, je vais remettre le testament de votre gredin dans l’enveloppe.

Dès que madame Cibot eut le dos tourné, Fraisier substitua vivement une feuille de papier blanc au testament, qu’il mit dans sa poche; puis il recacheta l’enveloppe avec tant de talent qu’il montra le cachet à madame Cibot quand elle revint, en lui demandant si elle pouvait y apercevoir la moindre trace de l’opération. La Cibot prit l’enveloppe, la palpa, la sentit pleine, et soupira profondément. Elle avait espéré que Fraisier aurait brûlé lui-même cette fatale pièce.

—Eh bien! que faire, mon cher monsieur Fraisier? demanda-t-elle.