—Et à quoi... dans cette boutique... as-tu pu dépenser cette somme?
—Ah! voici! répondit l’heureuse jeune fille, si j’ai trouvé un mari ce ne sera pas cher.
—Un mari, ma fille, dans cette boutique?
—Écoute, mon petit père, me défendrais-tu d’épouser un grand artiste?
—Non, mon enfant. Un grand artiste, aujourd’hui, c’est un prince qui n’est pas titré. C’est la gloire et la fortune, les deux plus grands avantages sociaux, après la vertu, ajouta-t-il d’un petit ton cafard.
—Bien entendu, répondit Hortense. Et que penses-tu de la sculpture?
—C’est une bien mauvaise partie, dit Hulot en hochant la tête. Il faut de grandes protections outre un grand talent; car le gouvernement est le seul consommateur. C’est un art sans débouchés aujourd’hui qu’il n’y a plus ni grandes existences, ni grandes fortunes, ni palais substitués, ni majorats. Nous ne pouvons loger que de petits tableaux, de petites figures, aussi les arts sont-ils menacés par le petit.
—Mais un grand artiste qui trouverait des débouchés... reprit Hortense.
—C’est la solution du problème.
—Et qui serait appuyé!