—Écoutez! mon père, si vous voulez me voir mariée, ne parlez à ma cousine de notre amoureux qu’au moment de signer mon contrat de mariage... Depuis six mois, je la questionne à ce sujet!... Eh bien! il y a quelque chose d’inexplicable en elle...

—Quoi? dit le père intrigué.

—Enfin, ses regards ne sont pas bons, quand je vais trop loin, fût-ce en riant, à propos de son amoureux. Prenez vos renseignements; mais laissez-moi conduire ma barque. Ma confiance doit vous rassurer.

—Le Seigneur a dit: «Laissez venir les enfants à moi!» tu es un de ceux qui reviennent, répondit le baron avec une légère teinte de raillerie.

Après le déjeuner, on annonça le marchand, l’artiste et le groupe. La rougeur subite qui colora sa fille rendit la baronne d’abord inquiète, puis attentive, et la confusion d’Hortense, le feu de son regard lui révélèrent bientôt le mystère, si peu contenu dans ce jeune cœur.

Le comte Steinbock, habillé tout en noir, parut au baron être un jeune homme fort distingué.

—Feriez-vous une statue en bronze? lui demanda-t-il en tenant le groupe.

Après avoir admiré de confiance, il passa le bronze à sa femme qui ne se connaissait pas en sculpture.

—N’est-ce pas, maman, que c’est bien beau? dit Hortense à l’oreille de sa mère.

—Une statue!... monsieur le baron, ce n’est pas si difficile à faire que d’agencer une pendule comme celle que voici, et que monsieur a eu la complaisance d’apporter, répondit l’artiste à la question du baron.