—Vous êtes monsieur Wenceslas, comte Steinbock? lui dit ce dernier.

—Oui, monsieur.

—Je me nomme Grasset, monsieur, successeur de monsieur Louchard, garde du commerce...

—Hé bien?

—Vous êtes arrêté, monsieur, il faut nous suivre à la prison de Clichy... Veuillez vous habiller... Nous y avons mis des formes, comme vous voyez... je n’ai point pris de garde municipal, il y a un fiacre en bas.

—Vous êtes emballé proprement... dit un des recors; aussi comptons-nous sur votre générosité.

Steinbock s’habilla, descendit l’escalier, tenu sous chaque bras par un recors, il fut mis en fiacre, le cocher partit sans ordre, et en homme qui sait où aller; en une demi-heure, le pauvre étranger se trouva bien et dûment écroué, sans avoir fait une réclamation, tant était grande sa surprise.

A dix heures, il fut demandé au greffe de la prison, et il y trouva Lisbeth qui, tout en pleurs, lui donna de l’argent afin de bien vivre et de se procurer une chambre assez vaste pour pouvoir y travailler.

—Mon enfant, lui dit-elle, ne parlez de votre arrestation à personne, n’écrivez à âme qui vive, cela tuerait votre avenir, il faut cacher cette flétrissure, je vous aurai bientôt délivré, je vais réunir la somme... soyez tranquille. Écrivez-moi ce que je dois vous apporter pour vos travaux. Je mourrai ou vous serez bientôt libre.

—Oh! je vous devrai deux fois la vie! s’écria-t-il, car je perdrais plus que la vie, si l’on me croyait un mauvais sujet.