CONSTANTIN.[→] Je suis fatigué, Gallicanus, de toutes ces lenteurs; vous tardez trop à attaquer les Scythes, ce peuple qui, vous le savez, refuse seul la paix de Rome et résiste témérairement à notre puissance. Vous n’ignorez pas cependant qu’en considération de votre valeur, je vous ai réservé le commandement de l’armée chargée de la défense de la patrie.
GALLICANUS.[→] Auguste empereur, dévoué fermement et sans réserve à votre personne, j’ai fait de constants efforts pour que ma conduite répondît par des effets aux vœux de votre excellence auguste. Je n’ai jamais cherché à me soustraire à mes devoirs.
CONSTANTIN.[→] Est-il besoin de me le rappeler? Tous vos services sont présents à ma mémoire. Aussi ai-je employé plutôt les exhortations que les reproches pour vous presser d’agir suivant mes vues.
GALLICANUS.[→] Je vais m’en occuper sur-le-champ.
CONSTANTIN.[→] Je m’en réjouis.
GALLICANUS.[→] Jamais le soin de ma vie ne m’empêchera d’exécuter vos ordres.
CONSTANTIN.[→] Votre zèle me plaît. Je loue le dévouement que vous montrez à ma personne.
GALLICANUS.[→] Mais ce zèle sans bornes que je voue à votre service attend une récompense qui lui soit proportionnée.
CONSTANTIN.[→] Rien n’est plus juste.
GALLICANUS.[→] On affronte plus aisément la difficulté d’une entreprise, quelque grande qu’elle soit, quand on est soutenu par l’espoir d’une récompense assurée.