CONSTANCE.[→] Aucun supplice ne m’empêchera jamais de garder mon serment pur de toute atteinte.
CONSTANTIN.[→] Cette résolution est convenable; mais je me vois par là jeté dans une extrême perplexité. Car si, comme le veut mon devoir de père, je vous permets d’exécuter votre dessein, la république n’en souffrira pas médiocrement; et si, au contraire, ce qu’à Dieu ne plaise! je mets obstacle à vos projets, je m’expose à souffrir les peines éternelles.
CONSTANCE.[→] Si je désespérais de l’assistance divine, ce serait moi surtout, moi, plus que nulle autre, qui aurais sujet de me livrer à la douleur.
CONSTANTIN.[→] C’est la vérité.
CONSTANCE.[→] Mais il ne peut y avoir de place pour la tristesse dans un cœur qui se fie en la bonté divine.
CONSTANTIN.[→] Que vous parlez bien, ma Constance!
CONSTANCE.[→] Si vous daignez prendre mon conseil, je vous indiquerai un moyen d’échapper à ce double danger.
CONSTANTIN.[→] Oh! plût au ciel!
CONSTANCE.[→] Feignez d’être disposé à satisfaire les vœux de Gallicanus, aussitôt après l’heureuse issue de la guerre; et, pour lui faire croire que ma volonté s’accorde avec la vôtre, persuadez-le de laisser auprès de moi, pendant son absence, ses deux filles Attica et Artémia, comme gage de l’amour qui nous doit unir; de son côté, qu’il se fasse accompagner de Paul et Jean, mes primiciers.
CONSTANTIN.[→] Et que ferai-je s’il revient victorieux?