PAUL.[→] Vous avez déserté toute religion et imité les superstitions de l’idolâtrie. Cette iniquité nous a obligés de fuir votre présence et la société de vos courtisans.

JULIEN.[→] Quoique vous ayez manqué gravement au respect qui m’est dû, je veux bien encore pardonner à votre audace, et désire vous élever au premier rang des dignitaires du palais.

JEAN.[→] Ne vous fatiguez pas en vain! nous ne céderons ni aux séductions ni aux menaces.

JULIEN.[→] Je vous accorde un délai de dix jours, pour que vous ayez le temps de revenir à résipiscence et de regagner notre faveur impériale. S’il en arrive autrement, je ferai ce qu’il conviendra pour ne pas vous servir plus longtemps de jouet.

PAUL.[→] Ce que vous méditez contre nous, faites-le dès ce moment, car vous ne nous ramènerez jamais ni à votre cour, ni à votre service, ni au culte de vos dieux.

JULIEN.[→] Allez; retirez-vous, et obéissez à mes conseils.

JEAN.[→] Nous acceptons volontiers le délai que vous nous donnez; mais c’est pour consacrer toutes nos facultés au ciel et nous recommander à Dieu, dans cet intervalle, par les jeûnes et les prières.

PAUL.[→] Cette conduite est seule raisonnable[(24)].


SCÈNE VI.[→]