LES DISCIPLES.[→] A présent que nous savons qu’il y a trois consonnances, nous voudrions connaître le nom de chacune d’elles.
PAPHNUCE.[→] La première se nomme diatessaron, comme formée de quatre sons; elle est en proportion épitrite ou sesquitierce (dans le rapport de 4 à 3). La seconde se nomme diapente, ou composée de cinq sons; elle est en proportion hémiole ou sesquialtère (dans le rapport de 3 à 2). La troisième se nomme diapason; elle est en raison double (c’est-à-dire formée par l’union de la quarte et de la quinte)[(66)], et se compose de huit sons.
LES DISCIPLES.[→] La sphère et les planètes rendent-elles donc des sons, pour qu’on puisse les comparer aux cordes?
PAPHNUCE.[→] Oui, et des sons très-forts.
LES DISCIPLES.[→] Pourquoi ne les entendons-nous pas?
PAPHNUCE.[→] On en donne plusieurs raisons. Les uns pensent qu’on ne peut entendre les sons de la sphère céleste à cause de leur continuité. Les autres croient que cela vient de la densité de l’air. Quelques-uns pensent qu’un aussi énorme volume de son ne peut pénétrer dans notre étroit conduit auditif[(67)]. Quelques personnes enfin soutiennent que la sphère produit un son si doux, si enchanteur, que si les hommes pouvaient l’entendre, ils se réuniraient en foule, négligeraient toutes leurs affaires, et, s’oubliant eux-mêmes, suivraient le son conducteur de l’Orient en Occident.
LES DISCIPLES.[→] Il vaut mieux ne pas l’entendre.
PAPHNUCE.[→] La prescience du Créateur en a jugé ainsi.
LES DISCIPLES.[→] Cela peut suffire sur la musique céleste; passons à la musique humaine.
PAPHNUCE.[→] Que voulez-vous en savoir?