HADRIEN.[→] Je suis frappé de leur beauté, et je ne puis surtout assez admirer la sage dignité de leur maintien.

ANTIOCHUS.[→] Cessez, ô mon seigneur, de vous livrer à l’admiration, et forcez-les d’adorer les dieux.

HADRIEN.[→] Si je commençais à leur demander avec douceur si elles ne voudraient pas céder?

ANTIOCHUS.[→] C’est là le meilleur moyen; car la fragilité de leur sexe ne cède jamais plus facilement qu’à l’impression des douces paroles.

HADRIEN.[→] Illustre matrone, je vous invite doucement et sans colère à revenir au culte des dieux; vous pourrez par là jouir des avantages de mon amitié.

SAPIENCE.[→] Je n’ai envie ni de satisfaire vos désirs en revenant au culte de vos dieux, ni de contracter avec vous aucune amitié.

HADRIEN.[→] Jusqu’ici je retiens ma colère, et loin de donner cours à mon indignation, je montre une affectueuse et paternelle sollicitude pour votre bien et celui de vos enfants.

SAPIENCE.[→] Gardez-vous, mes filles, d’ouvrir vos cœurs aux fallacieuses et sataniques paroles de ce serpent tentateur; méprisez-les, à mon exemple.

FOI.[→] Nous dédaignons et nous méprisons de toute notre âme ces propos frivoles.

HADRIEN.[→] Que murmurez-vous?