[Note 24], Page 101.
Cette scène a été fidèlement et élégamment traduite par M. Villemain, dans son Tableau de la littérature au moyen âge (Paris, 1830, t. II, p. 252). C’est un modèle achevé, que nous aurions été heureux de pouvoir suivre de loin. «Hrotsvitha, dit l’éloquent critique, fait habilement parler Julien. Il y a là un sentiment vrai de l’histoire. Julien ne se montre pas un féroce et stupide persécuteur comme l’auraient imaginé les légendaires du VIe siècle....» Je regrette d’avoir à atténuer un peu cet éloge donné à Hrotsvitha par un aussi excellent juge; mais la vérité m’oblige à dire que les meilleurs traits du dialogue entre Julien et les deux martyrs appartiennent au légendaire.
[Note 25], Page 109.
Ce passage soudain de la frénésie à la raison offrait à la religieuse chargée de représenter le fils de Térentianus l’occasion d’un jeu muet, qui devait être plein d’énergie et d’expression. Hrotsvitha, en ne mettant pas une seule parole dans la bouche du jeune démoniaque, a montré combien elle se reposait sur la puissance de la pantomime, et prouvé, une fois de plus, qu’elle ne cherchait pas moins à faire impression sur les yeux que sur l’esprit.
[Note 26], Page 109.
Nous avons ajouté la formule finale, qui manque dans le manuscrit.
DULCITIUS.
[Note 27], Page 113.
Le sujet de la seconde pièce de Hrotsvitha est pris dans les Actes du martyre des trois sœurs (Acta trium sororum), légende fort répandue au moyen âge dans les églises grecque et latine. Le recueil des Bollandistes contient sous la date des 3 et 5 avril (Aprilis t. I, p. 245 et 250): 1o une notice des divers agiographes latins et grecs qui ont raconté en prose et même en vers la passion des trois vierges, mises à mort à Thessalonique l’an 290, par ordre de Dioclétien; 2o le récit latin de ce martyre, extrait des Actes très-anciens de sainte Anastasie. Hrotsvitha, dans le drame qu’on va lire, a suivi pas à pas, selon sa coutume, la relation qu’elle avait sous les yeux. Seulement, elle insiste avec une prédilection marquée, sur tout ce qui pouvait exciter le rire, et développe de préférence les suites grotesques de l’incontinence du gouverneur Dulcitius. C’est, je crois, en raison de cette prédominance de la partie comique, que Hrotsvitha a donné pour titre à cette comédie, non pas le nom vénéré des trois héroïques sœurs, mais celui du malencontreux magistrat, dont les déconvenues jettent une si étrange gaieté dans cette pièce tragi-comique.