Il échappe ici à la docte théologienne une sorte de contradiction dans les termes; mais le texte est douteux, et il faut peut-être lire, comme j’ai fait plus loin, pages [368] et [446].
[Note 43], Page 211.
Cette invitation à passer le reste de la journée dans la joie m’avait porté à penser que ce drame avait été fait et représenté à l’occasion d’une réjouissance séculière, peut-être pour célébrer le mariage de quelque noble protecteur de l’abbaye. Mais on trouve absolument la même conclusion dans la légende. En apprenant que Fortunatus a succombé aux morsures du serpent, saint Jean s’écrie: «Habes filium tuum, diabole!» et le narrateur ajoute: «Illam diem cum fratribus lætam exegit (Abdias, Histor. apostol. lib. V, inter Fabricii Codic. apocryph. Nov. Testam., t. I, p. 557).»
ABRAHAM.
[Note 44], Page 217.
Ce drame, le plus pathétique que nous ait laissé Hrotsvitha, est tiré d’Actes que nous possédons tant en grec qu’en latin, et qui portent le nom de saint Éphrem. Plusieurs modernes, entre autres, Vossius et Arnauld d’Andilly, lequel a traduit cette touchante histoire dans ses Vies des Pères des déserts (t. I, p. 271 et 547), l’ont attribué à saint Éphrem, le solitaire, qui devint diacre d’Édesse et qui vivait au IVe siècle. D’autres pensent que les Actes d’Abraham et de Marie sont l’œuvre d’un autre Éphrem un peu postérieur à celui qui, avant d’être diacre, avait été le maître et le compagnon d’Abraham. Voyez, à la date du 16 mars, les Acta Sanctorum (Martii t. I, p. 433).—L’action se passe, d’après les agiographes, tantôt dans une solitude voisine de Lampsaque, sur les bords de l’Hellespont, tantôt dans la ville d’Assos, qui n’en est distante que de deux journées.
[Note 45], Page 219.
C’est bien ici Éphrem, le solitaire devenu diacre, dont on peut lire la vie dans Arnauld d’Andilly (Pères des déserts, t. I, p. 294). On attribue à cet ermite plusieurs conversions de courtisanes, qui ont beaucoup de ressemblance avec l’histoire de Paphnuce et de Thaïs.—Hrotsvitha donne à Éphrem un rôle bien plus important que la légende, laquelle ne le cite qu’une ou deux fois en passant.
[Note 46], Page 227.
Le caractère de Marie est plus encore que celui de Drusiana, une création de Hrotsvitha. Il est tracé avec beaucoup de naturel et de goût. La légende avait très-peu fait, et notre auteur a développé ce germe avec une véritable science du cœur féminin. Dès les premiers mots que cette jeune fille prononce, on sent dans ses reparties aux exhortations mystiques d’Éphrem, une sorte de matérialité et de sensualité naïves, présage de chute.