«Messieurs les députés,

«Etant donné que non seulement les intérêts des femmes mais tous les intérêts français sont gravement compromis par l’absence des femmes de la législature.

«Etant donné que, conciliatrices et pacificatrices par excellence, les femmes rendront possibles sans révolutions les réformes sociales, dès qu’elles participeront à la vie publique.

«Etant donné, d’autre part, que les femmes, contribuables et responsables, sont des ayants-droit qui doivent de concert avec les hommes, administrer les fonds publics, faire les lois.

«Nous vous prions, Messieurs les députés, de bien vouloir réformer la loi électorale de manière qu’elle confère aux femmes les droits politiques: vote et éligibilité.»

Pour le rapporteur de cette pétition M. Escanyé, la question de l’électorat et de l’éligibilité des femmes est digne des méditations des philosophes et des publicistes, mais il trouve que le moment n’est pas venu de lui donner une solution et fait rejeter notre pétition par l’ordre du jour.

Pétition au Conseil Général de la Seine.

Messieurs les conseillers généraux,

Dans votre séance du 6 juillet, vous avez adopté un vœu d’amnistie en faveur des falsificateurs et des fraudeurs destitués de leurs droits civiques.

Puisque vous êtes à ce point bons et généreux, permettez-moi d’appeler votre attention sur une catégorie d’individus, bien plus intéressante que celle qui a été l’objet de votre sollicitude, et de vous demander d’émettre en faveur des vingt millions de Françaises, arbitrairement privées de leurs droits de citoyennes, un vœu d’amnistie qui les relève du crime d’être nées femmes.