Vous ne pouvez, messieurs les conseillers, avoir moins de pitié pour les femmes, innocentes victimes des préjugés, que pour les voleurs, qui en falsifiant les aliments, ont altéré la santé de la nation et assassiné lentement peut-être des milliers d’individus.

Je vous prie de mettre fin au monstrueux déni de justice qui déshonore la République, en émettant le vœu qu’avant les élections de 1885 les femmes soient mises en possession de leurs droits électoraux.

J’espère, messieurs les conseillers généraux, que vous voudrez bien accueillir favorablement la requête que je vous adresse au nom de mon sexe, et je vous prie d’agréer, avec mes remerciements anticipés, l’hommage de ma haute considération.

Hubertine Auclert,

Directrice de La Citoyenne.

Conseil Général de la Seine, séance du 2 décembre 1885.

ORDRE DU JOUR SUR UNE PÉTITION DE Mlle HUBERTINE AUCLERT DEMANDANT QUE LES FEMMES SOIENT MISES EN POSSESSION DE LEURS DROITS ÉLECTORAUX

M. Georges Berry rapporteur.—Mlle Hubertine Auclert a adressé au conseil général de la Seine une pétition ayant pour but de faire appuyer, par un vœu de cette assemblée, les revendications qu’elle ne cesse de faire au sujet du droit électoral des femmes.

«Tout le monde connaît, en effet, les efforts mémorables de Mlle Hubertine Auclert, qui a fait une agitation de tous les instants autour de la question du vote des femmes.

«Tantôt, elle réclame son inscription sur les listes électorales et épuise en vain les juridictions sans se décourager.