Pas de droits, pas de donations.
Parce que la femme ne vote pas, il ne lui est point fait de legs. Les dames n’exercent leur libéralité qu’envers les hommes, qui seuls sont actuellement à même de reconnaître la générosité.
Des féministes en mourant déshéritent leur sexe, pour laisser comme Mme Griess-Traut 50,000 francs aux Fouriéristes.
Mme Dimbour était elle aussi féministe. On trouve son nom au bas des affiches électorales de la société «Le Droit des Femmes» et elle fit un jour à un politicien qui lui recommandait une œuvre masculine cette réponse:—Croyez-vous, que nous, femmes, nous allons chauffer le four pour les hommes?»
Cependant, quand elle sentit sa fin proche, ce fut aux hommes qu’elle fournit une torche de cent mille francs pour allumer le four de la verrerie d’Albi.
Certes, propager la doctrine de Fourier et créer une verrerie ouvrière sont œuvres excellentes; seulement, leur sexe opprimé criait aux généreuses mourantes: «Au secours!» Le délivrer, n’était-ce pas ce qu’il y avait de plus pressé à faire?
Pourquoi toutes les femmes riches s’en vont-elles sans songer à leur sexe?
Parce que ce sexe n’a pas le pouvoir de faire honorer les donatrices.
Les hommes ont immédiatement prouvé leur reconnaissance, en baptisant une avenue de Carmaux, «avenue Dimbour.» Tandis qu’avec la meilleure volonté, les femmes qui ne sont ni conseillères municipales, ni députées, n’auraient pu donner à une rue le nom de leur bienfaitrice.
Pour avoir part aux libéralités, des partantes, il faudrait que les femmes puissent répartir la gloire fugitive. Or, pour atteindre à ce pouvoir distributif, il est justement indispensable qu’elles reçoivent beaucoup de dons... Qui est-ce qui tirera le féminisme de cette impasse?