L’exclusion des Françaises de l’administration communale, fait qu’en la cité le bien-être manque, comme en la maison où il n’y a pas de femme.

Les édiles veulent Paris beau, ce dont chacun ne peut que les féliciter; mais parce qu’ils sont exclusivement des hommes, leurs efforts tendent seulement à faire de la capitale du monde le plaisir des yeux; alors, que des hommes et des femmes réunis, la rendraient en même temps qu’un séjour enchanteur, le pays de Cocagne souhaité.

*
* *

Il est inutile d’insister sur les inconvénients du gouvernement d’un seul sexe, ni de parler des négligences dont souffrent les habitants des villes et des villages seulement régis par les hommes; et où il n’y a qu’une moitié de la sollicitude humaine éveillée, alors que l’espèce entière devrait être appelée à tout prévoir.

Avec l’administration des seuls hommes, nous avons de tout, seulement l’apparence: les rues sont arrosées pendant que l’eau manque dans les maisons. Avec l’administration des hommes et des femmes, l’illusion deviendra réalité, les génératrices perpétuellement préoccupées de conserver les êtres, d’entretenir la vie qu’elles donnent, s’emploieront à accumuler à Paris l’air et l’eau.

Au pays de la soif, la garde de l’eau vivifiante est confiée aux femmes. A Ghat, seules les femmes disposent des sources.

Tout ce qui a trait au boire et au manger est office de ménagère; malheureusement, ceux qui parlent de laisser la femme à son rôle, le lui dérobent ce rôle, dès qu’il rapporte des honneurs et de l’argent.

Les hommes sont de mauvais ménagers, chacun se trouverait donc très bien, que les femmes fassent avec eux la cuisine administrative.

Les Françaises ont le sens de l’utilitarisme démocratique. Quand elles seront électeurs et éligibles, elles forceront les assemblées administratives et législatives à se pénétrer des besoins humains et à les satisfaire.

*
* *