La République qui ne laisse pas en la métropole les femmes participer à l’élection du conseil municipal de leur commune, a autorisé en Océanie, des femmes à exercer les fonctions de Maire.
En 1891, le gouvernement fit remettre par le gouverneur de Tahiti aux huit cheffesses de districts de Tahiti et de Moréa, une écharpe aux couleurs nationales; en même temps qu’il les fit rétablir en leurs pouvoirs et dignités d’officières de l’état-civil, pour mettre fin aux irrégularités constatées dans les actes de l’état-civil, depuis que l’annexion leur avait fait retirer leur emploi.
Les faits, forcent parfois les populations à reconnaître que la femme exclue de l’électorat municipal, est supérieure aux élus de la commune: A Rieufort de Randon (Lozère) momentanément privée de maire et d’adjoints, on vit un jour une jeune fille remplir sans embarras le rôle d’officier d’état-civil, procéder à un mariage à la place d’un conseiller municipal qui se déclarait inapte à unir les futurs époux, parce qu’il ignorait la loi et ne savait pas lire (sic).
C’est seulement le couple humain, qui peut en tout accomplir exactement ce qui convient dans la commune et dans l’Etat.
Nous mettons au défi les hommes les meilleurs, de faire de la commune la maison agrandie que chacun espère, sans le concours du cœur féminin.
LES FEMMES DANS L’ÉTAT
De même que pour appeler un être à la vie, il faut le couple humain, pour instaurer un milieu approprié où cet être puisse s’épanouir pleinement, la femme est autant que l’homme indispensable.
«La femme et l’homme, ces deux parties du même tout, dit Benjamin Franklin, c’est comme les deux branches d’une paire de ciseaux, l’une ne sert de rien sans l’autre.»
Les hommes sans les femmes, sont dans l’impossibilité d’organiser pour l’humanité entière de bonnes conditions d’existence. Ce ne sera qu’en s’adjoignant pour l’effort politique leurs compagnes, que les Français pourront assurer l’ordre social et la prospérité publique.