Nouvelles venues en la politique, elles trancheraient aisément dans le vif du fonctionnarisme et préserveraient les Français des lourdes charges et de la vie chère.

Tous les contribuables doivent pouvoir mettre un frein à la dilapidation des deniers publics. Exclure ces épargneuses—les femmes—de la gestion sociale, c’est contraindre la République à faillir à ses engagements.

Si les femmes coopéraient à l’administration des biens de la nation, les recettes excèderaient les dépenses.

Les Françaises ont en elles développé, par l’obligation quotidienne de partager un centime en quatre pour arriver à satisfaire de multiples besoins familiaux, une aptitude administrative qui fera s’ouvrir une ère de prospérité pour les populations qui l’utiliseront.

On réaliserait de grandes économies, si le budget national était épluché et passé au crible par les femmes, comme l’est le budget familial.

Le bien-être résulterait, de la remise à la femme de la clef de la caisse publique.

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Les hommes point pressés de voir la Française échapper à la dégradation civique, dont dérivent pour elle toutes les oppressions, toutes les spoliations, trouvent que pour le sexe féminin l’heure n’est jamais venue de posséder le bulletin affranchisseur. En 1789 et 1793, les hommes disaient qu’il était prématuré de donner les droits politiques aux femmes; en 1848, ils jugeaient également prématuré d’englober les femmes dans le suffrage. Actuellement, ils sont d’avis qu’il serait encore prématuré d’octroyer l’électorat aux femmes.

Toute proposition de loi, ne devrait cependant venir en discussion, qu’après que le suffrage aurait été attribué aux femmes.

La France entière ayant seule l’intuition des besoins humains, la France entière peut seule poser les bases d’une société meilleure en votant des réformes fondamentales.