Les législateurs n’osent appeler à exercer leurs droits politiques, les filles majeures, les veuves et les divorcées, parce qu’ils savent bien que le sexe féminin, entier, aussitôt les suivrait dans la salle de vote.

Cependant, la très nette déclaration ci-dessous fut un jour faite à la chambre par un orateur: «Il y a des personnes qui ne votent pas dans la nation, mais qui ont des intérêts et des droits à être représentées. Ces personnes ce sont les femmes célibataires et les veuves disposant de leur fortune, ayant réellement des intérêts manifestes, ayant droit à avoir des représentants de ces intérêts.» Les députés applaudirent.

Quelle objection pourrait-on faire au droit des Françaises célibataires de se nommer des représentants? Il est impossible de prétexter pour elles d’empêchements naturels temporaires, ou de les dédaigner, car leur nombre est considérable. Cette catégorie de femmes formerait un Etat dans l’Etat.

On compte en France près de six millions de demoiselles qui, avec les légions de veuves et les divorcées, représentent un total imposant d’individualités dont les intérêts ne sont pas même représentés indirectement par un mari au Parlement, aux conseils généraux et municipaux.

Comme l’homme, la célibataire est maîtresse absolue de sa personne et de sa fortune. Elle garde avec son nom sa personnalité, fait ce qu’elle veut, vit comme elle l’entend. Pourquoi cette femme ne voterait-elle pas?

Il est de l’intérêt général que le droit électoral soit rendu accessible aux célibataires dont l’activité et les facultés affectives demeurent inutilisées, sont perdues pour la société, pendant qu’elles ne peuvent se dépenser au profit du bien public.

VOUS N’ÊTES PAS MILITAIRES!


Quand les femmes demandent à voter, ceux mêmes qui parlent de supprimer les armées permanentes leur répondent: «Vous ne pouvez jouir des prérogatives politiques puisque vous ne portez pas le fusil».

La loi de deux ans sert aux antiféministes de prétexte pour déclarer que les femmes point astreintes aux obligations militaires imposées aux hommes, ne peuvent être en la société leurs égales.