«Hubertine Auclert»

Directrice de «La Citoyenne

En son numéro du 5 septembre 1882, Le Temps en parlant de ma lettre au préfet souligne le mot Féministes: «Mlle Hubertine Auclert a, dit-il, réclamé au profit des femmes, ou plutôt, le mot est joli, des féministes, un droit égal à celui que s’arrogent les libres-penseurs. Pourquoi, en effet, les féministes, ne profiteraient-ils pas de ces occasions-là pour prêcher leurs dogmes particuliers?»

Les expressions: Féminisme, Féministes, ont été dès lors employées.

LES FEMMES ONT VOTÉ EN FRANCE


Le sexe féminin qui est aujourd’hui annulé dans la commune et dans l’Etat, intervenait parfois jadis dans les affaires publiques.

Tacite nous apprend, que les femmes Gauloises étaient appelées dans toutes les assemblées délibérantes où les plus graves questions étaient traitées et où elles discutaient et votaient.

Les historiens, parlent de la sagesse du Sénat des femmes Gauloises.

Plutarque nous dit, que les femmes Lyguriennes furent investies d’une autorité politique supérieure à celle des hommes, à l’occasion d’interminables querelles qui amenaient les Lyguriens à une guerre civile. Déjà, les deux partis avaient couru aux armes, ils se mesuraient des yeux sur le champ de bataille, lorsque les femmes se précipitant entre eux voulurent connaître le sujet de leur discorde. Elles le discutèrent et le jugèrent avec tant d’équité et de raison, qu’une amitié de tous avec tous régna dès lors, non seulement dans chaque cité, mais dans chaque famille. De là, naquit l’usage d’appeler les femmes aux délibérations sur la paix et la guerre.