Olympe de Gouges mourut sur l’échafaud en 1793 à l’âge de 38 ans. Elle avait été traduite devant le tribunal révolutionnaire, non point pour avoir revendiqué le droit des femmes; mais, parce qu’elle avait trop pris fait et cause pour les partis politiques; s’était alternativement déclarée royaliste ou révolutionnaire et avait osé attaquer Robespierre.
La belle Liégeoise, Théroigne de Méricourt, qui le 5 octobre 1789, avec sa redingote de soie rouge, son chapeau d’amazone et l’épée nue au côté, séduisit le régiment de Flandres, aida à faire la royauté prisonnière de la révolution.
Cette courtisane si populaire qui n’aimait que les hommes austères, enthousiasmait les révolutionnaires et personnifiait pour les Français, la liberté.
Afin de lui enlever son prestige, des ennemis politiques n’hésitèrent pas en 1793 à relever ses jupes et dit Michelet à la fouetter comme un enfant, devant la foule lâche qui riait. Cet outrage rendit folle Théroigne qui mourut à la Salpêtrière en 1817 sans avoir recouvré la raison.
Les femmes de la révolution, s’employèrent bien plus à élever encore l’homme au-dessus d’elles, en soutenant ses plus hardies prétentions, qu’elles ne se dévouèrent à procurer à leur sexe l’égalité avec le sexe masculin.
Des femmes cependant étaient puissantes, elles étaient écoutées de l’élite masculine qui se pressait dans leurs salons; mais, ni Germaine Neker (Mme de Staël)—que la politique absorbait et qui inspira à son père l’idée du suffrage universel. Ni Mme Roland (Manon Phlipon) qui poussa son mari dans la voie républicaine et fut autant que lui ministre de l’Intérieur—ne songèrent à tirer leur sexe de l’asservissement.
Pourtant, l’heure semblait si favorable, que les étrangères elles-mêmes luttaient pour l’affranchissement féminin.
En même temps que la Hollandaise Palm Aëlders envoyait à toutes les villes de France sa brochure revendiquant le droit des femmes qui lui fit décerner par la ville de Creil la médaille et le titre de membre honoraire de la garde nationale; l’Anglaise miss Wolstonecraft publiait son livre: La défense des droits de la femme où il est dit: que la femme devient un obstacle au progrès, si elle n’est pas autant développée que l’homme».
L’acte originel de la république est dû à Mme Keralio-Robert[4]. Cette femme de lettres qui avait déjà appelé les femmes à l’action publique; et, avait été l’inspiratrice du parti républicain fondé par les sociétés des deux sexes, improvisa sur l’autel de la Patrie au Champ de Mars le 17 juillet 1791, la pétition républicaine pour ne reconnaître aucun roi.
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