A ce moment l’influence féminine était grande: George Sand rédigeait avec Jules Favre le Bulletin de la République; et, il y avait dans la masse populaire un tel sens de l’égalité, que quant à la prière d’une revendicatrice, Cabet[8] posait dans un club qu’il présidait cette question:—La femme est-elle l’égale de l’homme devant le droit social et politique?
Le communiste Cabet était déconcerté (sic) de voir presque toutes les mains se lever pour l’affirmative.
Proud’hon disait: «La République tombe en quenouille.»
Pauline Roland, que Victor Hugo a qualifiée l’apôtre; Jeanne Deroin, Anaïs Ségalas, Henriette Wild créèrent successivement trois journaux. La Politique des Femmes. La République des Femmes. L’opinion des Femmes. Les rédactrices de ces journaux s’entendirent avec Mmes Eugénie Niboyet, E. Foa, Louise Collet, Adèle Esquiros qui avaient fondé La Voix des Femmes, pour offrir à George Sand de porter sa candidature.
La grande romancière, répondit dans La Réforme: qu’elle ne partageait point les idées des revendicatrices et ne connaissait pas les dames qui formaient des clubs et rédigeaient des journaux.»
Les femmes arrivées croient qu’elles n’appartiennent plus au sexe féminin.
Après George Sand refusant d’aider à l’affranchissement politique des Françaises, on a vu Clémence Royer, la commentatrice de L’origine des Espèces de Darwin, ne point vouloir que les droits politiques soient conférés aux femmes et disant à M. Adolphe Brisson, rédacteur au journal Le Temps: «Du jour où les femmes voteront nous sommes perdus.»
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Les dames obtenant difficilement la parole dans les clubs d’hommes créèrent des clubs féminins. Le plus renommé, fut le Club des Femmes, ouvert le 11 mai 1848 à la salle de spectacle du boulevard Bonne-Nouvelle. La foule rendit les séances tumultueuses. Les femmes ne purent bientôt plus parler dans ce club transformé en ménagerie où les hommes aboyaient, miaulaient, beuglaient.
Eugénie Niboyet qui présidait, dit dans Le Vrai Livre des Femmes: «Une heure de pilori m’eût paru moins douloureuse que cinq minutes de cette violente lutte. Toutes les clubistes qui avaient promis de me seconder disparurent comme les feuilles sous le vent et laissèrent peser sur moi la responsabilité de notre tentative.»