«Comment faire pour laisser la femme en dehors de la cité, quand on a déclaré qu’on en ouvrait les portes à deux battants? Quand on a écrit dans la loi que l’infamie seule ferait exception et que toute âme humaine apportait au monde en naissant son droit de compter pour un, dans les délibérations de la société?

«Dénier l’égalité des droits à deux êtres égaux, en fait, en vérité c’est se faire rire au nez, si l’on voulait se donner la peine d’y réfléchir cinq minutes; et quand on pense que cette femme soi-disant inférieure de nature à l’homme, condamnée comme telle à l’infériorité de fonctions et de rôle social, quand on pense qu’elle peut, sans qu’on souffle mot, donner sa cuisine à faire et sa chambre à balayer, à tel domestique mâle si barbu qu’il soit et que c’est une question de 400 francs par an avec les étrennes, on se prend à douter de la raison humaine qui se permet une telle débauche d’inconséquence.

«Croyez-moi, ne parlez plus de votre loi de nature, ni du grand principe de l’infériorité de la femme, non plus que de sa destination culinaire, vous mettez le pied sur tout cela à chaque pas, et la femme qui dans cette société est inférieure à l’homme, est celle-là qui n’est pas assez riche pour être sa supérieure.

«Expliquez-moi, comment vous permettez à l’homme qui fait la cuisine que la femme devait faire, de laisser là à un jour donné sa marmite et ses légumes pour aller voter avec vous. Si les détails d’intérieur sont si absorbants qu’ils ne laissent place pour aucune autre idée, pourquoi celui-là vote-t-il? S’ils ne le sont pas, pourquoi celle-là ne vote-t-elle pas?»

LES FEMMES QUI AGISSENT ET QUI ÉCRIVENT


Bien que annihilées en politique, Jeanne Deroin, Pauline Roland et d’autres militantes impliquées dans une affaire politique. «L’Union des Associations» furent sans bénéfice pour notre cause, emprisonnées expulsées, exilées.

Plus tard, ont été déportées pour avoir participé à la Commune, ces autres exclues de la politique: la révolutionnaire point suffragiste, Louise Michel et ses sœurs insurgées.

Lorsqu’on offrit à Louise Michel qui recommandait les candidatures de morts, de poser sa candidature, elle répondit:

—«Le progrès ajournant la révolution, le bulletin de vote n’est pas mon arme».