Notre petit bataillon d’intrépides rénovateurs, devait à la fois riposter à Léon Richer qui criait que «nous ne pouvions étant si jeunes, voir juste, penser bien» et au Figaro, qui très courtoisement, nous demandait: si après les femmes, les bœufs voteraient?
En 1883 la société «Le Droit des Femmes», prit le titre de société Le suffrage des Femmes.
«Le suffrage des Femmes», avec sa bannière rose et bleue fut acclamé aux funérailles de Victor Hugo (1885).
Alexandre Dumas qui avait éloquemment plaidé en faveur des droits politiques du sexe féminin ayant été sollicité de devenir président de la société Le Suffrage des Femmes vint me faire cette réponse:
«Je vous aiderai davantage en restant indépendant, si j’acceptais la présidence que vous m’offrez, on me dirait:—Vous êtes avec Hubertine Auclert... et je ne serais plus écouté à l’Académie!»
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La société voulut ouvrir un cercle du suffrage, elle loua à cet effet un joli local occupant tout le premier étage 31, rue de Paradis; mais, le propriétaire effrayé par notre titre, écrit en grosses lettres sur son immeuble, nous donna immédiatement congé.
Le Cercle du suffrage des femmes fut installé dans un magasin 8, Galerie Bergère. Les femmes pouvaient venir là, lire, écrire, causer; elles étaient chez elles. Des réunions hebdomadaires avaient lieu l’après-midi ou le soir.
Le 13 février 1881 parut La Citoyenne, journal hebdomadaire que Léon Giraud docteur en droit et Antonin Lévrier licencié en droit, journaliste, avaient avec moi fondé. Antonin Lévrier et Léon Giraud véritables apôtres des droits de la femme, m’aidèrent à faire du journal La Citoyenne un initiateur que les suffragistes ont intérêt à consulter[11].
L’article ci-dessous précise le but de ce journal dont le seul titre est un manifeste: