Certes, les femmes contribuables ont le droit de compter dans la nation puisqu’elles coopèrent à la prospérité du pays; seulement, elles doivent être représentées non point comme des animaux recensés, mais comme des êtres conscients, choisissant et nommant leurs représentants.
Les femmes ne se soucient point de continuer à être confondues avec le cheptel d’après lequel l’homme calcule sa richesse, en étant un bétail dont il fait le dénombrement pour édifier sa fortune politique.
En ce pays, où M. Thiers affirma que les chemins de fer ne pourraient jamais fonctionner, il ne faut pas s’étonner si des hommes soutiennent que les femmes ne doivent point participer aux affaires publiques.
Un décret ministériel transformerait de suite les Françaises annihilées en citoyennes actives.
Puisqu’il n’est pas plus facile de faire admettre aux Français inquiets de l’avenir, le suffrage des femmes qui les délivrerait de leurs cauchemars, que de faire se soumettre les malades aux prescriptions qui les guériraient, les ministres, qui, souvent, imposent par décret des innovations coûteuses, ne pourraient-ils pas aussi, par décret, imposer aux hommes d’être plus riches et plus heureux, en décidant que le qualificatif «Français» comprend, les hommes et les femmes devant le droit électoral, comme devant les charges publiques?
REFUS DE L’IMPOT
Les femmes qui s’étaient vu refuser la carte d’électeur, informèrent leur préfet qu’elles ne voulaient plus coopérer aux dépenses de l’Etat qui les annulait:
«Monsieur le préfet,
«J’ai reçu un avis relatif à mes contributions, comme je n’ai pas l’intention de les acquitter, je viens vous en prévenir et vous prier en même temps de rayer mon nom du rôle des contribuables.