La personne et la condition de la femme dépendant de la politique qui de toute part l’enserre; dans son propre intérêt comme dans l’intérêt général, la femme doit participer à la vie publique, coopérer à la transformation de la société afin de s’assurer de n’être point sacrifiée en l’organisation sociale future.

On cite cette jolie phrase de M. Thiers que ceux qui dédaignent le concours féminin feraient bien de méditer:

«Pour régler cette affaire, disait M. Thiers, il me faut mes femmes» (Mme Thiers et Mlle Dosne). Ces paroles prouvent que même l’homme d’Etat, que les louanges purent rendre orgueilleux, reconnaissait aux femmes des facultés particulières capables de compléter les siennes. Si ces deux parties du tout humain, l’homme et la femme, semblaient indispensables à M. Thiers pour régler une affaire privée difficile, combien est donc plus indispensable encore le concours de l’homme et de la femme, pour bien diriger les affaires publiques!

Le suffrage des femmes, c’est l’utilisation de l’intégralité, de l’intelligence et de l’énergie de la nation pour réaliser son mieux être.

Rapprocher hommes et femmes par la politique, ce sera faire s’établir entre les sexes une émulation salutaire pour le progrès.

LA FEMME DANS LA COMMUNE


En constatant que dans la commune les hommes souvent sacrifient au superflu, l’indispensable, on se demande s’il ne serait point sage de faire s’appliquer tout l’effort humain à l’administration publique; et, si ce n’est pas se montrer ennemi de son propre bien-être que de tenir éloignées du gouvernement, du bourg ou de la ville, les femmes qui sont particulièrement aptes à s’ingénier et à prévoir.

Quant à propos d’adjudications de fournitures d’ustensiles ou de provisions de ménage, on entend à l’Hôtel de ville des conseillers municipaux discuter; chacun fait la réflexion que des femmes seraient beaucoup plus capables que nos édiles d’apprécier ces matières.

Les conseillers municipaux de Paris, ainsi d’ailleurs que ceux de toutes les communes de France, sont forcés d’être à la fois hommes et femmes. Ils doivent résoudre des difficultés qui auraient besoin d’être élucidées par des matrones.