L’origine de la République

La République, que la femme personnifie, a eu pour initiateurs, avec Camille Desmoulins et Condorcet, Mme Kéralio-Robert.

C’est à Mme Kéralio-Robert, femme de Lettres et journaliste, qui avait déjà appelé les Françaises à l’action publique, que l’acte originel de la République, la pétition audacieuse pour ne reconnaître aucun roi, est attribuée. Michelet affirme que Mme Kéralio dicta à son mari, M. Robert, qui écrivit cette pièce remarquable dont le style trahit l’auteur.

Malgré les représailles que l’on pouvait prévoir, un grand nombre de femmes et de jeunes filles signèrent avec leurs époux et leurs pères, la pétition républicaine, ainsi que l’attestent les feuilles conservées aux archives du Département de la Seine.

XXX
La Patrie et les Femmes

«Démilitariser la France, c’est augmenter les chances de guerre.»

Bebel.

Les femmes pourraient mieux que quiconque régler les différends entre peuples et mettre fin aux querelles intestines entre Français. Cependant, on ne les appelle pas aux conférences, ou au bruit du canon qui tonne. Ici et là, est enterrée la question du désarmement. On craint qu’à chaque séance elles ne s’écrient: «Etablissez la paix, en substituant le droit à la force».

Ce ne sera qu’en supprimant les sources de conflits particuliers, en interdisant les prises masculines, que l’on pourra mettre fin aux empiétements territoriaux et assurer aux peuples la sécurité de leurs frontières.

Il est juste de reconnaître, que, si le sexe masculin n’est pas disposé à anéantir le vieux levain de discorde humaine, en plaçant le sexe féminin à son niveau, de leur côté, les femmes qui ont la volonté d’imposer la paix, ne se mettent guère en peine d’ajouter, à leur vouloir, le pouvoir de la rendre certaine.