Pour posséder cette seconde partie, les jeunes filles devront s’asseoir sur les bancs des lycées de garçon pour suivre les cours de philosophie ou de mathématiques élémentaires.


Son mariage en 1888 avec Antonin Lévrier l’éloigne de Paris pour aller habiter l’Algérie, où son mari était nommé magistrat.

Pendant son séjour dans la colonie, elle étudia la condition de la femme Arabe. Elle a bien vu les maux qui la font souffrir et en propose les remèdes dans le livre qu’elle lui a consacré: Les femmes Arabes[7].

En 1901, elle s’adressa au gouverneur de l’Algérie pour qu’il rétablisse les écoles de filles:

«Monsieur le gouverneur,

«Depuis quarante ans, Alger ne possède pas une seule école Arabe de filles. Comme frustrer les femmes indigènes d’instruction c’est préjudicier à la civilisation de l’Algérie et retarder la fusion des races arabe et française, je vous prie de bien vouloir rétablir au moins une des deux écoles indigènes de femmes créées à Alger en vertu du décret du 14 juillet 1850, qui stipulait que les filles indigènes auraient des écoles où elles recevraient l’instruction primaire.

«J’ai raconté dans les Femmes Arabes comment le Conseil général d’Alger avait en 1861 supprimé les écoles assidûment fréquentées par près de trois cents élèves, promptes à assimiler nos idées et nos mœurs.

«Les musulmanes Algéroises, qui avaient des écoles avant l’annexion et sous l’empire, ne peuvent pas être condamnées à l’ignorance par la République.

«Vous comprendrez, Monsieur le gouverneur général, qu’il y a pour nous Français un intérêt politique à empêcher de dégénérer la race indigène en cultivant le cerveau de ses génératrices, et vous voudrez prouver aux Arabes que vous avez souci de leur évolution, en donnant au plus tôt à leurs jeunes filles, la possibilité de s’instruire dans la capitale de l’Algérie.